Une crainte a longtemps fait trembler le cocon du NFO et est d’ailleurs à l’origine du rejet catégorique de la couleur. Ce phénomène ne pouvait s’expliquer que de deux façons : soit l’ambre était le fruit de sang extérieur ou alors la conséquence d’une mutation.

 

 

C’est un sujet des plus intéressants de par l’histoire de la race. En effet, les objectifs de la sélection étaient initialement la préservation des caractéristiques naturelles du Norvégien qui a été façonné par le rude climat nordique

Au départ, la couleur n’a donc jamais été un objectif pour les sélectionneurs contrairement à la qualité de la fourrure par exemple : les classes novices ont d’ailleurs été ouvertes jusqu’à la fin des années 80, sans tenir compte de la couleur pour la reconnaissance (robe ticked, blanc uniforme). L’ambre a eu la malchance d’apparaître après les années 90 !!!

Car tout le problème vient de là : en effet, les conséquences de ces reconnaissances abusives ont été un foisonnement de couleurs, une réorganisation des expositions et l’apparition progressive de restriction dans les standards.

 

 

Il peut donc paraître surprenant que la scène du Norvégien se déchire pour un problème de couleur … Pas tant que ça … En effet, considérant la diversité croissante de couleurs dans la race, les professionnels ont décidé d’apposer des limites pour enrayer le phénomène. Le dilemme était qu’on ne pouvait pas fermer les classes novices prématurément sinon la race souffrirait de consanguinité.

Or si on savait ce que devait être un novice, on ne savait pas « qui ils étaient vraiment » : l’apport de races extérieures était en ce sens inévitable, même si non souhaité pour plusieurs raisons : altération du look, du type, du caractère, perte de gabarit. Une crainte secrète concernait un apport incontrôlable de tares héréditaires dont le pur Norvégien est théoriquement originellement exempt : PKD, CMH, amyloïdoses hépatiques et rénales, atrophie rétinienne …

Si l’ambre a atteint un tel degré de défiance, c’est avant tout pour cette raison : et pour cause, très tôt la sélection a viré au type extrême : nez très long tiré à la réglette, triangle isocèle, corps longiligne … mais cette évolution s’est ressentie au niveau du gabarit et de la qualité de poil, au point que certains Norvégiens ressemblaient à s’y méprendre au Mandarin ! Etrangement les races Orientales possédaient un vaste panel de couleurs qui auraient très bien pu expliquer l’apparition de l’ambre chez le Norvégien.

 

 

Compte tenu de la descendance nombreuse de Babuschka, il était quoiqu’il en soit inconcevable d’éliminer tous les reproducteurs issus de sa lignée, puisque le phénomène s’est déclaré plus de 10 ans après. J.E. Madsen a estimé en 2003 qu’une telle démarche aurait conduit à évincer la moitié des reproducteurs. Impossible à réaliser sur le plan pratique, cette démarche aurait été en plus très préjudiciable sur le plan génétique, sûrement beaucoup plus que les pseudo-avantages retirés  …   

Aujourd’hui que l’origine naturelle est presque certaine, le noyau dur persiste et dénonce les conséquences de la consanguinité étroite pratiquée pour fixer la couleur. Prétendre que cette consanguinité n’a pas eu de conséquences sur le type, le gabarit serait mentir … voire même pire, la sélection de tares héréditaires originellement présente dans la race.

Mais n’oublions pas que certains ténors de la race ont eux aussi été outrageusement utilisés avec une consanguinité parfois étroite, sans que cela ne pose problème à l’époque …

 

 

Il avait également été proposé fin des années 90 de faire de ces Xcolor une nouvelle race ce qui prouve que le véritable problème n’a jamais été cerné. En effet, si les Norvégiens ambre devenaient une race individuelle,

 

N’est-il pas ironique que les éleveurs d’ambre se soient battus pendant 13 années avant d’obtenir la reconnaissance, alors que de nombreux chats dans les couleurs classiques étaient issus des mêmes lignées, portaient l’allèle ambre et que par conséquent ces chats étaient plus « dangereux » sur les plans génétique, racial et sanitaire ?!

Ainsi Svarte Petters Bernard, NFO n, a été sacré Mâle Norvégien de la Sverak en 97 puis Skogkatt of the Year la même année et a terminé sa carrière Champion d’Europe. Ce même chat a été le père de 6 chatons ambre : les deux premiers sont nés en décembre 97 soit avant sa récompense suprême de Champion d’Europe. Et les exemples similaires sont multiples …